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Yann NachtriebL’Architecte Patrimonial

Comptes à terme pour entreprise : les taux constatés et comment les lire

En bref

Le compte à terme est le premier réflexe des dirigeants pour la trésorerie qui dort : simple, garanti, sans surprise. Encore faut-il savoir ce qui se pratique vraiment. Voici les taux moyens constatés par la Banque de France sur les comptes à terme des entreprises, durée par durée, et surtout comment lire une offre : ce que le taux affiché promet, ce qu’il coûte en cas de sortie anticipée, et ce qu’il devient après l’impôt sur les sociétés. Chiffres vérifiés le 5 août 2026.

2,79 % : c’est le taux moyen des nouveaux comptes à terme de plus de 2 ans souscrits par les sociétés non financières en mars 2026. À moins de 2 ans : 2,14 % en moyenne. Si votre banque vous propose nettement moins, vous savez maintenant que le marché fait mieux.

Source : Banque de France, Stat Info « Taux de rémunération des dépôts bancaires », données de mars 2026

Quels sont les taux constatés en 2026, durée par durée ?

La Banque de France publie chaque mois les taux moyens des nouveaux comptes à terme souscrits par les sociétés non financières, en deux familles de durée : jusqu’à 2 ans, et plus de 2 ans. Elle ne détaille pas chaque échéance, mais ces deux moyennes suffisent à situer n’importe quelle offre. Le tableau ci-dessous positionne les durées classiques (6, 12, 24 et 36 mois) par rapport à ces références de mars 2026, les données les plus récentes publiées à la date de vérification.

Précaution de lecture : ce sont des taux moyens constatés sur les contrats effectivement signés, pas un barème. Une banque peut proposer plus, une autre moins, et les taux évoluent chaque mois avec la politique monétaire. Les performances ou résultats passés ne préjugent pas des performances ou résultats futurs.

Durée du compte à terme Famille Banque de France Taux moyen constaté (mars 2026) Comment situer une offre
6 moisJusqu’à 2 ans2,14 % (moyenne de la famille)Les durées les plus courtes se négocient souvent sous la moyenne de leur famille
12 moisJusqu’à 2 ans2,14 % (moyenne de la famille)La durée pivot : une offre proche de la moyenne est dans le marché
24 moisJusqu’à 2 ans2,14 % (moyenne de la famille)Le haut de la famille courte : visez au-dessus de la moyenne
36 moisPlus de 2 ans2,79 % (moyenne de la famille)Le blocage long se paie : environ 0,65 point de mieux que la famille courte

Source : Banque de France, Stat Info « Taux de rémunération des dépôts bancaires », taux moyens des nouveaux dépôts à terme des sociétés non financières, données de mars 2026. La Banque de France publie deux familles de durée (jusqu’à 2 ans, plus de 2 ans), pas le détail par échéance. Les performances ou résultats passés ne préjugent pas des performances ou résultats futurs. Vérifié le 5 août 2026.

Comment lire une offre de compte à terme ?

Quatre lignes à vérifier avant de signer, dans cet ordre :

  • Le taux et sa structure. Taux fixe unique, ou taux progressif qui grimpe par palier ? Un taux progressif affiche souvent un dernier palier flatteur : ce qui compte, c’est le taux actuariel moyen sur toute la durée, pas le chiffre en gros sur la plaquette.
  • Les conditions de sortie anticipée. C’est la clause qui fait la vraie différence entre deux offres au même taux. Selon les contrats : pénalité, taux réduit rétroactivement, préavis imposé. Demandez le calcul exact : « si je casse à 10 mois sur 24, je touche combien ? »
  • Le renouvellement. Beaucoup de comptes à terme se reconduisent tacitement, parfois à un taux différent. Notez l’échéance : une trésorerie replacée par défaut à un taux inférieur, c’est un rendement qui s’évapore sans bruit.
  • Le calendrier des intérêts. Versés au terme ou chaque année ? À l’IS, les intérêts courus s’imposent au fil de l’eau : le décalage entre l’impôt payé et les intérêts encaissés se gère, mais il faut le voir venir.

Que reste-t-il après l’impôt sur les sociétés ?

Les intérêts d’un compte à terme entrent dans le résultat imposable de la société, sans abattement ni régime de faveur : 15 % d’IS jusqu’à 42 500 € de bénéfice, 25 % au-delà (CGI art. 219). Concrètement, un compte à terme à 2,79 % laisse environ 2,4 % nets si votre société reste dans la tranche à 15 %, et environ 2,1 % nets dans la tranche à 25 %. Montants arrondis, exemple générique à visée pédagogique, pas une simulation personnalisée.

Ce calcul simple évite deux erreurs classiques : comparer un taux brut de compte à terme avec un rendement net d’un autre support, et oublier que l’impôt tombe chaque année, même quand les intérêts ne sont versés qu’au terme.

Un rendement n’est pas un rôle

Le compte à terme fait très bien une chose : rémunérer l’attente sans risque. Pour la réserve de sécurité et la trésorerie qui a une échéance connue, un impôt à payer, un investissement daté, c’est souvent le bon outil, et il n’y a pas à chercher plus compliqué.

Là où il déçoit, c’est quand on lui fait porter un rôle qui n’est pas le sien. Une trésorerie durablement excédentaire, reconduite de compte à terme en compte à terme pendant des années, produit un rendement modeste et ne construit rien : ni revenu futur, ni capital en croissance, ni préparation de votre sortie. Le taux vous rassure, mais il ne répond à aucune question. Avant de renouveler une troisième fois le même dépôt, posez celle-ci : « cet argent, que doit-il faire pour moi dans 5 ans ? » Si la réponse est autre chose qu’attendre, le compte à terme n’est plus le bon véhicule, et il vaut la peine de comparer sans montage hasardeux.

Les questions qu’on me pose sur ce sujet

Quel est le taux d’un compte à terme pour entreprise en 2026 ?

Selon la Banque de France, les nouveaux comptes à terme souscrits par les sociétés non financières en mars 2026 étaient rémunérés en moyenne 2,14 % pour les durées inférieures ou égales à 2 ans, et 2,79 % pour les durées supérieures à 2 ans. Ce sont des moyennes constatées sur l’ensemble du marché, pas des offres : chaque banque fixe librement ses taux. Les performances ou résultats passés ne préjugent pas des performances ou résultats futurs.

Le taux d’un compte à terme est-il garanti ?

Oui, c’est sa grande force : le taux est fixé contractuellement à l’ouverture, pour toute la durée, et le capital est garanti par la banque. Mais cette garantie a une condition : tenir jusqu’au terme. Une sortie anticipée entraîne selon les contrats une pénalité ou un taux réduit, et souvent un préavis. Le taux affiché ne vaut que si vous n’avez pas besoin de l’argent avant l’échéance.

Comment les intérêts d’un compte à terme sont-ils imposés dans une société à l’IS ?

Les intérêts entrent dans le résultat imposable de la société, au fil de leur acquisition, et sont soumis à l’impôt sur les sociétés : 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice, 25 % au-delà (CGI art. 219). Il n’y a ni abattement ni régime de faveur : un compte à terme qui rapporte 2,5 % bruts laisse environ 1,9 % à 2,1 % nets d’IS selon le taux applicable à votre société.

Un compte à terme suffit-il pour placer toute la trésorerie d’une entreprise ?

Non. Le compte à terme rémunère l’attente : il est adapté à la réserve de sécurité et à la trésorerie qui a une échéance connue. Mais un rendement n’est pas un rôle. Une trésorerie durablement excédentaire, immobilisée des années à un taux proche des moyennes constatées, ne construit pas grand-chose. La bonne question n’est pas « quel est le meilleur taux », mais « que doit faire cet argent pour vous dans 5 ans ».

Yann Nachtrieb, L’Architecte Patrimonial. Conseiller en investissements financiers, ORIAS n° 26009903. Quatre ans d’expérience en conseil financier, installé à Limoges depuis 2026.

Cette page a une valeur d’information générale et ne constitue pas un conseil personnalisé. En savoir plus sur moi.

Poignée de main entre Yann Nachtrieb et un client, à la fin d’un rendez-vous

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