En bref
Dans une famille recomposée, la loi est rarement celle qu’on imagine : le conjoint ne peut pas choisir l’usufruit de tout, les enfants de votre conjoint n’héritent pas de vous, et la maison achetée à deux peut finir en indivision entre votre conjoint et vos enfants d’une première union. Voici les règles, et ce qui se prépare.
60 % : le taux appliqué à ce qu’un bel-enfant reçoit de vous, après un abattement de 1 594 €, sauf adoption simple.
Source : Code général des impôts, art. 777, 786 et 788.
Ce qui se passe sans rien écrire
- Votre conjoint reçoit un quart en pleine propriété, sans pouvoir choisir l’usufruit de la totalité.
- Tous vos enfants, du couple actuel ou d’une union précédente, héritent à parts égales.
- Les enfants de votre conjoint n’héritent pas de vous.
- La maison peut se retrouver en indivision entre votre conjoint et des enfants qu’il connaît peu.
| Personne | Hérite sans testament ? | Droits de succession |
|---|---|---|
| Votre conjoint marié | Oui, un quart en pleine propriété | Exonéré |
| Vos enfants, de toutes vos unions | Oui, le reste à parts égales | Abattement de 100 000 € chacun, puis barème |
| Les enfants de votre conjoint | Non | 60 % après 1 594 €, s’ils reçoivent par testament |
| L’enfant de votre conjoint adopté en adoption simple | Oui, comme vos enfants | Comme un enfant |
Les beaux-enfants : ni héritiers, ni exonérés
Pour la loi, un bel-enfant est un tiers : sans testament, il ne reçoit rien ; avec un testament, il est taxé à 60 % après un abattement de 1 594 €. L'adoption simple change les deux : l’enfant du conjoint adopté devient héritier et bénéficie de la fiscalité des enfants, tout en gardant ses liens avec sa famille d’origine.
Les outils pour équilibrer
- La donation au dernier vivant, qui rend au conjoint les options que la loi lui retire.
- Le testament, dans la limite de la part que la loi ne réserve pas aux enfants.
- La donation-partage, qui peut associer les enfants communs et non communs dans un même acte et figer les valeurs.
- L’assurance vie, dont les bénéficiaires se choisissent librement, hors succession.
Le logement, premier point de friction
Le conjoint survivant peut rester dans le logement pendant un an, puis à vie s’il le demande, sauf testament notarié contraire. Organiser à l’avance qui garde quoi, et avec quel argent, évite de laisser les héritiers le négocier après le décès.
Comment je peux vous aider
Je dessine le plan qui explique à chacun ce qu’il recevra et pourquoi : une page écrite, que vous pouvez montrer à votre conjoint et à vos enfants, avant de faire rédiger les actes par le notaire.
Sources : Code civil, art. 757, 763, 764, 1076-1, 1094-1 et 1527 ; Code général des impôts, art. 777, 786 et 788. Vérifié le 21 septembre 2026.
Les questions qu’on me pose sur ce sujet
Mes beaux-enfants peuvent-ils hériter de moi ?
Oui, par testament, mais ils sont alors taxés à 60 %. L’adoption simple leur donne la qualité d’héritier et la fiscalité des enfants.
Mes enfants peuvent-ils priver mon conjoint de tout ?
Non. Le conjoint reçoit au moins un quart en pleine propriété et bénéficie de droits sur le logement.
Peut-on traiter tous les enfants à égalité ?
Oui. Une donation-partage peut inclure les enfants communs et ceux de chaque union, avec des valeurs figées au jour de l’acte.
Une assurance vie peut-elle rééquilibrer une succession ?
Oui : le capital est versé aux bénéficiaires choisis, hors succession, dans la limite de versements non exagérés au regard du patrimoine.

Yann Nachtrieb, L’Architecte Patrimonial. Conseiller en investissements financiers, ORIAS n° 26009903. Quatre ans d’expérience en conseil financier, installé à Limoges depuis 2026.
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