En bref
Dès qu’elle apprend le décès, la banque bloque les comptes du défunt. C’est souvent le premier mur auquel se heurte la famille, en pleine organisation des obsèques. Voici ce qu’on peut encore prélever, ce qui continue de fonctionner, et comment récupérer les fonds.
5 965 € : c’est le montant maximum que la banque peut prélever sur le compte du défunt pour régler les obsèques, sur présentation de la facture. Ce plafond est revalorisé chaque année.
Source : Code monétaire et financier, art. L312-1-4 ; Service-Public.fr, montant en vigueur au 25 septembre 2026.
Ce qui se passe dès le décès
À l’annonce du décès, la banque bloque les comptes individuels du défunt : plus de retrait, plus de paiement par carte, les prélèvements et les virements automatiques sont arrêtés. C’est une obligation légale, le temps que la succession désigne qui a droit à quoi.
Tout ne se bloque pas pour autant :
| Le compte ou le contrat | Ce qui se passe |
|---|---|
| Compte individuel du défunt | Bloqué, jusqu’au règlement de la succession |
| Compte joint | Continue de fonctionner pour le co-titulaire, sauf opposition d’un héritier |
| Livrets et comptes d’épargne du défunt | Bloqués, comme le compte courant |
| Assurance vie | Hors succession : le capital va au bénéficiaire désigné, versé directement par l’assureur |
Ce qu’on peut encore payer
Même comptes bloqués, la personne qui organise les obsèques peut demander à la banque de prélever les frais funéraires sur le compte du défunt, sur présentation de la facture des pompes funèbres, dans la limite de 5 965 € et du solde disponible. La banque règle alors directement, sans attendre la succession.
Certaines dépenses de dernière maladie ou d’entretien peuvent également être réglées de cette façon, selon les banques.
Comment récupérer les fonds
La suite dépend de la taille et de la simplicité de la succession.
Succession simple et avoirs modestes (pas de bien immobilier, pas de testament, pas de désaccord entre héritiers) : la banque peut vous remettre les fonds et clôturer les comptes sur une attestation signée par l’ensemble des héritiers, sans passer par un notaire. Chacun atteste qu’il n’y a ni testament, ni autre héritier, ni contestation.
Dès qu’il y a un bien immobilier, un testament, ou des avoirs importants : il faut un acte de notoriété établi par le notaire, qui identifie officiellement les héritiers. La banque débloque ensuite les fonds sur cette base.
Combien de temps
Comptez de quelques semaines à quelques mois. La banque demande l’acte de décès, puis l’attestation des héritiers ou l’acte de notoriété. Plus la succession est simple et les héritiers d’accord, plus c’est rapide. Un désaccord, un héritier introuvable ou un testament ralentissent tout.
Comment je peux vous aider
Je vous dis, pour votre situation précise, quelle est la voie la plus rapide : l’attestation entre héritiers ou le passage par le notaire, la liste exacte des pièces à réunir, et ce que la banque peut déjà régler tout de suite. Vous évitez les allers-retours et les semaines perdues à ne pas savoir quoi fournir.
Sources : Code monétaire et financier, art. L312-1-4 ; Service-Public.fr, décès et comptes bancaires. Vérifié le 25 septembre 2026.
Les questions qu’on me pose sur ce sujet
La banque bloque-t-elle le compte joint ?
Non, en principe. Le compte joint continue de fonctionner pour le co-titulaire survivant, sauf si un héritier s’y oppose. La moitié du solde entre néanmoins dans la succession.
Peut-on payer les obsèques avant le règlement de la succession ?
Oui. Sur présentation de la facture des pompes funèbres, la banque prélève les frais sur le compte du défunt, jusqu’à 5 965 € et dans la limite du solde.
Faut-il toujours un notaire pour débloquer les comptes ?
Non. Pour une succession simple, sans bien immobilier ni testament, une attestation signée par tous les héritiers suffit. Le notaire devient nécessaire dès qu’il y a de l’immobilier, un testament, ou des avoirs importants.
Que devient l’assurance vie du défunt ?
Elle n’entre pas dans les comptes bloqués ni dans la succession : l’assureur verse le capital directement au bénéficiaire désigné, sur demande et pièces justificatives.

Yann Nachtrieb, L’Architecte Patrimonial. Conseiller en investissements financiers, ORIAS n° 26009903. Quatre ans d’expérience en conseil financier, installé à Limoges depuis 2026.
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